Cette semaine , Manue vous propose sa nouvelle créa de la semaine issue de la série Delta : Entropy.

Découvrez, à travers cette œuvre, sa fascination pour l’infiniment petit et l’infiniment grand.

Entropy, questionne sur la notion de désordre.

Série DELTA : Entropy

60x72cm, technique mixte sur toile, 2019

ENTROPY par Manue Prudhomme
Entropy, 60X72cm, technique mixte sur toile, 2019 par Manue Prudhomme

 

Entropy : de l’ordre naît le désordre

Pour comprendre l’origine de mon questionnement autour du désordre, il me parait important de donner une définition relativement simple de la loi qui quantifie le désordre, une loi issue d’un domaine que l’on appelle la thermodynamique. La thermodynamique, pour faire simple, c’ est essayer d’avoir une vision, à notre échelle, des choses qui se passent dans l’infiniment petit et qui peuvent être transposable dans l’infiniment grand .

ENTROPY par Manue Prudhomme
Entropy, (détail) 60X72cm, technique mixte sur toile, 2019 par Manue Prudhomme

Cette loi s’appelle l’entropie, et ce terme a été introduit en 1865 par Rudolf Clausius à partir d’un mot grec signifiant « transformation ».
Elle caractérise le degré de désorganisation, ou d’imprédictibilité du contenu en information d’un système ( elle s’applique dans un système de particules en physique par exemple).

 

ENTROPY
Entropy, (détail) 60X72cm, technique mixte sur toile, 2019 par Manue Prudhomme

Depuis les années 1970, il a été montré par les physiciens Stephen Hawking et Jacob Bekenstein que les trous noirs possédaient, tout comme les objets ordinaires, une entropie c’est-à-dire une mesure de la quantité d’information qu’ils renferment*. Ce que cette loi de la thermodynamique a d’extraordinaire c’est le principe selon lequel elle ne peut que croître.

 

ENTROPY par Manue Prudhomme
Entropy, (détail) 60X72cm, technique mixte sur toile, 2019 par Manue Prudhomme

Je pense qu’ici une bonne partie des lecteurs sont perdus…
Pour éclaircir mon propos je vais me servir d’un exemple issue d’une conférence de Christophe Galfard qui a travaillé avec Stephen Hawkin.
Si une chambre est en désordre, elle ne peut pas se ranger toute seule, si vous voulez la ranger, il faut apporter de l’énergie. Le fait d’apporter cette énergie crée du désordre ailleurs.

ENTROPY
Entropy, (détail) 60X72cm, technique mixte sur toile, 2019 par Manue Prudhomme

Si l’on revient sur le terme d’entropie signifiant “transformation”, sur le fait que celle-ci quantifie le désordre du contenu en information et qu’elle ne peut que croître :
peut-on faire un parallèle avec les connaissances que l’homme a acquis depuis l’aube de l’humanité?
L’homme ne cesse t-il pas de cumuler des connaissances pour acquérir un savoir?
L’homme ne cesse t-il pas de transformer ces connaissances?
Ne met-il pas toute son énergie pour mettre de l’ordre autour de lui créant ainsi un désordre ailleurs?
Quelle quantité de désordre, l’homme va t-il créé pour enfin rassasier sa soif de pouvoir?

L’oeuvre “ Entropy” est une matérialisation de ces questionnements.

Manue

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 Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Entropie
https://fr.wikipedia.org/wiki/Entropie_des_trous_noirs
https://www.youtube.com/watch?v=1TJb72NwdQw
 *Si l’on imagine que ces deux trous noirs entrent en collision, le produit de la collision sera un trou noir. La conservation de l’énergie implique que l’énergie totale du système soit la même que précédemment, cependant, lors de leur collision, les deux trous noirs vont vraisemblablement rayonner une quantité non négligeable d’énergie sous forme d’ondes gravitationnelles. L’étude de Hawking avait pour but de déterminer quel « rendement » optimal l’on pouvait tirer d’un tel événement, c’est-à-dire quelle quantité maximale d’énergie pouvait être extraite des deux trous noirs sous forme d’ondes gravitationnelles. Le résultat trouvé par Hawking fut surprenant et très général : quelles que soient les masses, les charges électriques et les moments cinétiques des deux trous noirs, la quantité maximale d’énergie qu’ils pouvaient rayonner était telle que la surface du trou noir final devait être supérieure ou égale à la somme des deux surfaces des trous noirs. Un tel résultat présentait une analogie frappante avec le second principe de la thermodynamique, qui stipule que l’entropie d’un système ne peut que croître au cours du temps. Il était donc tentant d’associer à un trou noir une entropie proportionnelle à sa surface, mais la thermodynamique indique qu’un système physique auquel on associe une entropie doit également posséder une certaine température.

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