Armure Samurai
« … Je fais de l’Esprit mon ami.  Je suis seul responsable de ma connaissance, de ma compréhension, de mon apprentissage.
Par mon entière présence d’esprit, ma concentration totale sur le présent, dans la pratique du combat et dans la vie… »

Extrait de Aijidô.

 

On ne peut déterminer avec certitude la date d’apparition des armures du japon ancien. Les premières représentations ont été retrouvées sur des haniwa qui sont de petits cylindres de terre cuite, utilisés comme objets funéraires au IVème siècle de notre ère.

Estampe évoquant samouraïestampe évoquant samouraï

Sur ces cylindres, en forme de figurine, on découvre un guerrier coiffé d’un casque à visière, habillé d’une cuirasse constituée de petites plaques, une constante qui perdurera tout au long des différentes évolutions de ces armures au cours du temps.

Haniwa période Kofun (an 300 à 552 avant J.C)
Haniwa-Armure Samurai

Les vestiges archéologiques et les documents sont rares sur le sujet,  mais permettent quand même de déterminer trois types d’armure distincts. Les noms donnés à ces armures sont récents car on ne connait pas, à ce jour, leur dénomination d’origine.

Haniwa guerrier
Haniwa-Armure Samurai

 

Haniwa
haniwa-Armure Samurai

Ces armures du Japon ancien étaient de deux types, l’une appelée Tankô qui signifie “carapace courte” et l’autre, Keïko , qui signifie “carapace suspendue”. Elles sont classées en plusieurs catégories. Elles seront déterminées, par la suite,  selon leur fonction et  l’évolution de leur forme, mais aussi du type de combat et de l’époque : O’yoroi, Dômaru, Harakami, et Tosei Gusoku (les plus modernes).

 

L’armure tankô : “carapace courte”(IVème siècle au VIIème siècle) :

L’armure Tankô est constituée d’un plastron en bois ayant conservé le mode d’attache des différents éléments.

Le corset est lui composé de plaques et de segments en bronze liés et entre cousus avec des lanières de cuir ou rivetées entre elles.

La jupe, elle, peut varier, soit elle se compose de plaques transversales attachées par des lanières en cuir (les plus courantes), soit elles sont attachées les unes aux autres de manière à donner un effet d’écaille de poisson.

 

Armure Tanko, plaques en fer tenues par des lacets de cuir.
Cette armure vient Du tumulus d’Omaruyama.
Période Kofun, IVème siècle.
Armure Samurai

 

Armure Tanko, plaques de fer rivées entre elles.
Provient du Tumulus de Tsukando. Période Kofun,
Vème siècle.

Armure Samurai

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’armure Keiko:”carapace suspendue”(VIIème au XIIème siècle) :

Ressemblant aux armures chinoises à lamelles, elle se caractérise par des lamelles “sane”, lacées par des lanières en cuir ou rivetées donnant un aspect de plaque semi-rigide. Une seconde rangée de lamelles vient renforcer la poitrine et les hanches, et de la laque était apposée pour protéger le métal de la corrosion.

Equipement des cavaliers et leur montureArmure Samurai

 

L’armure O’yoroi XIIème siècle :

Les armures O’yoroi sont de grandes armures destinées aux guerriers de haut rang.Elles sont l’exemple même des armures traditionnelles.
Ce type d’armure est destiné aux archers à cheval. Elles doivent être légères et pratiques, pour permettre le mouvement aisé des bras et l’utilisation de l’arc plus grand que le guerrier lui même.

Différents éléments qui composent l’armure Armure Samurai

Des plaques de fer rectangulaires sur le torse protègent le coté exposé lorsque le guerrier tend son arc. Elles sont constituées d’un casque( kabuto), d’une cuirasse (dô) et de grandes épaulières (ôsode).

Le casque constitué de plaques de métal rivetées, protègent aussi le visage et la gorge grâce à 2 grandes ailes (fukigeashi). La cuirasse était complétée, elle, par un tablier fendu (kusasuri) et composée de plusieurs plaques de fer. Les épaulières , elles, étaient rectangulaires.

L’archer et son équipementArmure Samurai

 

Les armures Dômaru et Haramaki( fin XIIIème au XVIème siècle) :

Celles-ci sont réservées aux troupes.

la Dômaru est issue de l’évolution du combat à pied dans les régions montagneuses (terrain peu pratique pour les guerriers à cheval). Elles se caractérisent par leur légèreté et leur simplicité.

Elles sont constituées de lamelles flexibles sur le tronc, renforcée par 8 pièces d’armures qui, protègent le bassin et les cuisses qui ne gênent pas les mouvements des jambes,  appelée jupe-braconnière.

Samouraï en tenue
Armure Samurai

L’Harakami (qui enveloppe le ventre), elle, est aussi légère et plus simple à fabriquer en série. Elle se caractérise par le fait qu’elle peut se porter par dessus ou dessous des vêtements. Elle se compose d’une cuirasse métallique ou en cuir et d’une jupe braconnière.

2 samouraïs: un archer et un homme de troupeArmure Samurai

 

L’armure Tosei Gusoku “moderne” (XVIème au XIXème) :

L’armure évolue pour être fabriquée plus rapidement et en
fonction de l’apparition des armes à feu, avec l’arrivée des portugais.
Elle se compose des éléments issus des armures antérieures.

Tosei gusoku: Victoria Albert MuseumArmure Samurai

La cuirasse est en 2 parties (avant et arrière) qui s’attachent sur les cotés, des épaulières plus courtes, de brassards avec un gantelet articulé au pouce et d’une plaque qui protège le reste des doigts( appelé miton).

Il y a aussi la jupe-braconnière avec 7 tassettes, un tablier d’armes à cuissards et de jambières avec des genouillères.

Elles sont renforcées par des plaques d’acier à l’épreuve des balles(apparition des armes à feu au XVIème siècle). Elles s’inspirent des armures Dômaru anciennes mais aussi des armures occidentales.

L’époque Edo (1603-1868) sonnera le glas pour l’armure à fonction guerrière et laissera la place à l’armure d’apparat.

 

L’armure objet d’art de l’époque Edo :

Bien que certains guerriers de haut rang continuent à faire fabriquer des armures de guerre, cet usage perd de sa popularité pour laisser place à l’armure d’apparat, essentiellement revêtue pour les cérémonies et les parades.

Armure Samurai

Armure Samurai

Ces armures de parade qui sont conservées dans nombre de musées aujourd’hui, sont réalisées dans la plus pure tradition japonaise. Les matériaux sont plus légers et plus raffinés avec l’utilisation de couleurs symboliques, alliant l’élégance des formes et la précision de techniques ancestrales.

Elles se composent d’une cuirasse en deux sections (nimaidô), d’un tablier à 7 pans suspendu à la cuirasse. Les manches (kote) en cotte de maille sont doublées en soie et prolongées par des gantelets en métal.

Les cuissardes, faites de plaquettes de cuir laqué maintenues par des cordelettes de soie, sont placées sous le tablier pour renforcer la protection.

Armure Samurai

Les jambières, elles, sont composées de lamelles de fer liées par des mailles et doublées de soie assortie aux manches et sont maintenues en place grâce à des bandes de tissu.

Les casques ont parfois un aspect plus extravagant sur certains éléments, en fonction de l’importance du guerrier, surtout au niveau du croissant de lune.

Armure do-maru Gusoku
Armure Samurai

 

L’armement :

Fortement lié au code des Samouraïs le bushido, les armes font l’objet de soins particuliers surtout en ce qui concerne le sabre long (katana) qui est l’âme du Samouraï.

Les procédés de fabrication de ces sabres ont été poussés jusqu’à la perfection ultime. Ils doivent répondre à trois critères strictes : ne pas plier, ne pas casser, ne pas rompre, pour cela une technique de forge particulière fût mise au point. Elle consiste à enrober le noyau d’acier doux d’un revêtement d’acier dur.

Forge Katan
forge-katana

Des critères comme la forme, la ligne de trempe, et le grain doivent s’harmoniser à la perfection afin de créer les plus splendides et parfaites des pièces.

Katana terminologie des différentes partiesKatana-swords-terminilogies-parts

Un autre sabre, lui court (wakizashi), est porté à la ceinture. Il peut remplacer le katana s’il est endommagé.  Un soin particulier est porté aux gardes des sabres (tsuba), leur décoration reflète les goûts et les croyances du Samouraï.

Katana période Edokatana edo

 

Katana et wakizashiKatana et wakizashi

Sabre Samurai

 

Le bushido un code très strict :

Pour compléter cet article afin de comprendre l’état d’esprit et la culture Samouraï qui est indissociable des armures, j’aimerai évoquer le bushido qui est le code d’honneur des samouraïs basé sur 7 vertus : droiture, courage, bienveillance, politesse, sincérité, honneur, loyauté.

Samouraïs en armure
Armure Samurai

“La plupart des Samouraïs vouaient leur vie au bushido, un code strict qui exigeait loyauté et honneur jusqu’à la mort. Si un Samouraï échouait à garder son honneur, il pouvait le regagner en commettant le seppuku (suicide rituel), que l’on connaît mieux en occident sous le terme de “hara-kiri” ou « l’action de s’ouvrir le ventre » (hara : le « ventre », siège du ki (puissance, énergie) et kiri : « coupe »).

Cependant, il faut noter une différence non négligeable entre seppuku et hara-kiri. Le seppuku permettait à un guerrier vaincu de se donner la mort et de pouvoir ainsi mourir avec son honneur (le vainqueur abrégeait ensuite ses souffrances). Le hara-kiri était une façon de se donner la mort où la personne « perdait » tout honneur suite à ce geste.

Armure Samurai

Dans le Japon féodal, on parlera de hara-kiri pour une personne se donnant la mort suite par exemple à une humiliation (adultère par exemple) et de seppuku pour une personne assumant une défaite et se donnant la mort (guerrier perdant une bataille). Cette nuance est sensible mais importante dans la compréhension du bushido.

Représentation du harakiri
harakiri Armure Samurai

Sous sa forme la plus pure, le bushido exige de ses pratiquants qu’ils jugent efficacement le moment présent par rapport à leur propre mort, comme s’ils n’étaient déjà plus de ce monde. C’est particulièrement vrai pour les formes initiales de bushido ou de budo. D’ailleurs, les traditionalistes critiquent les formes plus tardives : « ils raisonnent clairement avec l’idée de rester en vie dans l’esprit ».

 

Ce que l’on peut dire pour conclure ce sujet passionnant, c’est que l’esprit des Samouraïs se reflète et est indissociable de son équipement de guerrier. Ils ne font qu’un, car si le bushido est la culture du Samouraï, le Katana en est l’âme et l’armure la carapace protectrice…

 

 

Sources :
Extrait de Aijidô : un art martial une autre manière d’être de André Protin citant un texte anonyme du XIVème siècle

www.wikipedia.com ,
http://www.musees-midi-pyrenees.fr/encyclopedie/themes/autres-specialites/les-armures-japonaises/,
http://www.samourais-et-ikebana.com/samourais/armures_japonaises.html

3 thoughts on “L’armure japonaise Samouraï : de la guerre à l’apparat

  1. En informatique, on retrouve de plus en plus des références aux techniques de combat. Ainsi le Shu Ha Ri est souvent mis en évidence pour montrer l’évolution et l’adaptation d’une méthode.
    Shu: 1er stage, l’étudiant imite le maître, il marche dans ses pas
    Ha: l’étudiant comprend et s’éloigne des pas de son maître
    Ri: stade final ou l’étudiant devient maître en créant ses propres pas

  2. Voir (ou revoir) aussi le dernier samouraï; film américain réalisé par Edward Zwick, sorti en 2003.
    on y voit de très belles armures comme celles présentées dans cet article

  3. je mets un lien sur facebook vers le film 😉 les principes sont rigoureux et c’est bien aussi d’appliquer ce genre de méthodologie dans certain domaine..;)

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